au parc Hustai, Mongolie

Publié le par Anna

Avant de quitter l’auberge Golden Gobi, je cours au Grand Magasin d’état pour acheter des bonnets et des écharpes. Nous avons appris la leçon des oreillers finalement pas achetés à Moscou et qui nous ont tant manqués pendant le trajet de train. Donc je nous procure de bons bonnets en laine d’agneaux doux comme tout. Maria, pendant ce temps, note l’adresse d’un sympathique Singapourien. Elle donne également 5000 türgüt (environ 3,50 €) de pourboire aux femmes de ménage de l’auberge. Elles étaient presque choquées et ne savaient plus quoi dire... ça doit faire beaucoup pour elles. Mais nous étions tellement contentes de dormir dans un endroit si propre après le séjour dans le train ! Donc nous partons pour la gare, en taxi cette fois, pas envie de se compresser dans les bus bondés avec tous les bagages. Nous sommes un peu anxieuses que le rendez vous ne marche pas et je me vois déjà revenir toute penaude à l’auberge... mais non, une jeune fille nous aborde et nous amène dans un de ces formidables bus russes (qui vont devenir très familiers par la suite). On nous amène au bureau de Macne, l’organisation mongole pour la protection de l’environnement et qui travaille en autre avec le parc de Hustai...(qui lui est surtout subventionne par les hollandais).. j’ai toujours pas bien compris. En tous les cas nous attendons la quelques temps et puis nous prenons une jeep en direction du parc. Nous quittons très vite la ville. Elle semble s’arrêter tout d’un coup. On se rend compte à quel point cette capitale est petite. En même temps, la Mongolie ne compte que 2.8 millions d’habitants, c’est autant que Paris intramuros... Après une heure de route, nous quittons le bitume et empruntons une piste. Ca y est, le paysage est magnifique, comme nous nous l’imaginions. Les chauffeurs s’arrêtent en haut d’une colline et tendent leur téléphones portables vers le ciel pour capter les résidus de réseau et faire un dernier appel avant d’être coupés du monde. C’est mon interprétation. Encore une petite demi-heure de route et nous arrivons au “touristic camp”. C’est plutôt jolie. Deux regroupements de gers (yourtes), quelques gers en dur et quelques bâtiments. Rien de franchement moche. Sur le portail d’entrée, on peut lire “Hustai national Parc Resort”. Je rigole en lisant “resort” et compare ce paysage à ce que j’entends par resort : les bungalow sur les atols de Bora Bora... On nous indique notre maison, la ger numéro 16. Et le mot “resort” ne semble plus si ridicule. C’est mimi tout plein. La ger est joliment décorée, avec un tissu de soie le long des paroies, des jolis meubles sculptés et un beau poêle à bois et des lits super confortables. De quoi se faire du thé et tout et tout. On est super contentes. Mais il est une heure, on a pas le temps de s’attarder, il faut aller manger. Moi qui avait fait des réserves avant de partir ! Tout l’été je me suis gavée en prenant comme excuse qu’il fallait bien que je mange puisqu’en Mongolie, j’aurais vite marre du lait à la viande de mouton et du mouton au lait. ouais. Je me suis même fait un énorme cheesburger la veille du départ. ouais. On est donc entrés dans le restaurant. Resort. Super class, super déco et service. A peine assises, on nous a proposé des serviettes humides chaudes pour nous rincer les doigts... la grande classe. Et la bouffe était merveilleuse. Des légumes, des nouilles, et tout et tout. Ce n’est donc pas ici que je perdrais les kilos accumulés... ça sera tout pour la bouffe. On a tout de suite été invitées à la table des écovolontaires. Ils étaient 4 : Marie, une jeune Belge, Wendy et Jake, jeune couple d’Anglais et Helen, moyenne hollandaise. Et Bernd, un manager allemand, avec le pire accent du monde. Tout ce petit monde à l’air très sympathique. C’est le dernier jour de Marie, nous n’auront pas l’occasion de la connaître plus. Directement après le repas, nous essayons les lits, faut bien. On fini par dormir toute l’après-midi et se remettre à table tout de suite... Voilà les premiers instants dans ce parc ou nous allons rester 3 semaines. Mais à faire quoi me direz vous. Et bien voilà ce que nous faisons de nos journées ici : nous sommes ici pour observer les chevaux sauvages. Avant de vous parlez plus de nos activités, je vais vous parler un peu des chevaux sauvages. Ils sont les seuls chevaux sauvages au monde, ils sont appelés Prewalski horses, d’après le polonais qui les a découvert au 19ème siècle, ou takhi en mongole. Ils vivaient donc à l’état sauvage en Mongolie à cette époque, mais ont complètement disparu dans les années 1960. Plusieurs raisons à cela : - lorsque les takhi s’accouplent avec les chevaux domestiques, les poulains ne sont pas montables. Donc les nomades ont tués les takhi pour garder leurs chevaux utilisables. - l’habitat des takhi a été réduit et ils ont été poussés vers le désert du Gobi où les conditions de vie étaient très difficiles. - des centaines de chevaux ont été tués dans le but de capturer les poulains pour les amener dans des zoo à travers le monde. Il y a certainement d’autres raisons. En tous les cas, en 1960, ces takhi n’existaient plus à l’état sauvage. Seuls 200 individus pouvaient être vus dans les zoos. Et donc depuis quelques années, on réintroduit ces chevaux en Mongolie. Aujourd’hui 3 parcs à travers le pays accueillent des chevaux de Prewalski, dont le Hustai National Parc. Il est celui qui compte le plus grand nombre de chevaux avec 190 individus. Avant qu’ils n’aient disparus à l’état sauvage, aucune étude sur leur comportement n’avait été faite. Donc aujourd’hui, ils font l’objet de nombreuses études. Ici, un petit groupe de biologistes étudient leur comportement. Et afin d’étudier leur comportement, il faut les observer, régulièrement et pendant un certain temps. C’est ça que nous faisons. Nous partons tous les matin au lever du soleil en camion russe sur les pistes du parc. Lorsque Nandia (notre responsable) repère un harem (nous en étudions 6 sur 19), elle nous envoie les suivre et nous donne rendez vous 4 heures plus tard. Nous partons donc aux trousses des bêbêtes. Un harem est composé d’un étalon, de ses femelles et de petits (poulains ou chevaux de 2 ans max). Le harem est nommé d’après l’étalon. Tous les chevaux ont des noms, sauf les poulains, car on est pas sur qu’ils survivent. 1 sur 2 meurt : mangé par les loups, de maladie ou tué par le nouvel étalon du harem, de froid... Donc on suit un harem tous les jours. Toutes les 10 minutes, nous notons nos coordonnées GPS, la température, la vitesse du vent et l’activité du harem. Les chevaux débutent leur journée dans les vallées puis montent dans les montagnes. Leur activités ne sont pas très nombreuses : ils marchent, broutent ou se reposent. Parfois des événements exceptionnels se produisent : un bachelor (mâle dans l’âge de se reproduire mais sans harem) vient provoquer un étalon pour essayer de lui piquer son harem; il y a alors un combat. Des jeunes sont chassés du groupe : lorsque la progéniture de l’étalon a atteint 2 ans, c’est à dire la puberté, le mâle les chasse pour éviter toute consanguinité. La aussi il y a combat. Des petits meurent. Un vrai rituel se produit alors. Du soutient envers la mère qui a perdu son petit, de l’intérêt de la totalité du groupe, la responsabilité de l’étalon, de la tristesse presque... Vers 13 heures, on retourne au centre de recherche situé au centre du parc (notre ger est en bordure); on entre nos données dans un ordinateur pour que les scientifiques puissent les utiliser et on nous raccompagne au camp pour le déjeuner. L'après midi est libre. Donc on fait une bonne sieste ! ensuite, on s’occupe : on donne des cours d’anglais au personnel. On écrit, écoute de la musique, jouons aux cartes... on s’occupe quoi. C’est très agréable. Depuis aujourd’hui, nous sommes les seuls écovolontaires. Tous les autres sont partis. On peut vraiment faire ce qu’on veut. Les touristes se font de plus en plus rares. Il fait aussi de plus en plus froid, mais le soleil est toujours là et nous sommes bien. Voilà une petite description de notre “ger”, yourte en français. C’est un peu comme une maison de poupée, surtout parce qu’il faut se baisser pour entrer dans une petite porte, peinte en motifs mongols, joliment colorée. Notre ger pour 2 personnes fait à peu près 5 mètre de diamètre et elle est construite sur une chape en béton. La pièce majeure de cette maison en kit est le cercle du milieu, qui est soutenu par deux montants. Le tuyaux du poêle sort à travers les quartiers de camembert (comme disent les français pour toute pièce qui ressemble à un quartier d’un rond). Il n’y a pas de murs, mais le tour est construit de treilles en bois, isolées par de la feutrine fait de laine de mouton à l’extérieur et tapissé par un tissus en soie à l’intérieur. Du cercle du milieu partent 65 lattes en éventails et fixées sur la treilles qui constitut le tour. La porte, qui fait 1,40 m de hauteur, est fixée dans un cadre. Tous les bois sont peints en rouge/orange avec des motifs. Sur le sol est posé une moquette, sauf autour du poêle c’est un lino. Nous avons un abat jour et une prise électrique. La porte se trouve toujours en direction Sud, et au nord, où il y a notre table est normalement l’autel des ancêtres et du bouddha, à l’est et à l’ouest se trouve un lit avec une table à chevet et deux fauteuils (pas de style). Il faut savoir, que même la princesse des Nederlande a passée une nuit dans une ger à Hustai. On lui a fait construire (avec ses sous) une ger de lux, avec une salle de bain attenante et sûrement des meubles typiques de la Mongolie et que sais-je, je n’ai pas visité, malheureusement. En tous cas, notre ger est super agréable et douillet, notre femme de menage s’occupe bien de la nettoyer régulièrement, elle nous apporte de l’eau fraiche, du bois et du charbon pour le poêle. Les gardien du camp font parfois un peu vite et ustilise des moyens moderne pour démarrer le chauffage: de l’essence. Ils laissent trainer les bouteilles (d’eau) devant la porte, et moi, je rempli une de ses bouteille avec de l’eau pour boire et voilà du goût de pétrole pendant plusieurs heures dans la bouche, même les rauts ont un goût de pétrole, et malgré un litre de bierre, de tisane, et de vodga ginghes Khan, le goût reste. ah la la, quel malheur.
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Publié dans anna

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J
Maria et Anna.<br /> Vous vivez vraiment une aventure extraordinaire !!!<br /> J'espère que toutes les 2 vous écrirez un livre.<br /> Jean-Pierre ECHOUARD du CART de Poitiers
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