Trek du GocheoLa

Publié le par Anna

Jour 1 / Yuksom (1750m) - Tsoka (3050m) / 6h de marche / 1200m de dénivelé

Nous marchons bien, pleines d’entrain et avalons la longue montée vers Tsoka, petit village de réfugiez Tibétains auxquels le gouvernement du Sikkim a concédé quelques âcres de terre. Le temps n’est pas franchement beau, mais nous ignorons la pluie et profitons, une fois arrivée, pleinement de notre repas 5 étoiles et des bouillottes ! Quel service !


Jour 2 - repos et acclimatation a Tsoka.

Nous passons une journée à Tsoka, cueillons des fraises des bois et en faisons de la confiture et nous reposons.


Jour 3 / Tsoka - Dzongri (4100m) / 5h de marche / 1050m de dénivelé

Toujours pleines d’énergie, nous ne sentons pas passé la dure montée. Le chemin de bois est magnifique. Nous traversons une forêt de rhododendrons en fleurs ! Des jaunes, des rouges des roses, des mauves, toutes les couleurs nous sourient ! Je me croirais dans un décors de cinéma tellement le paysage a du caractère. Cerise sur le gâteau, nous faisons des délicieuses rencontres : Tom et Mirjam, hollandais en voyage au long court et adorateurs de Canasta, Jayne, Néo-Zélandaise cultivatrice d’olives en Tasmanie, Joris et Annie, Flammant charmants... de belles discussions en route et une fois arrivée au refuge. Tout ça nous fait oublier l’altitude et le manque de confort. Les huttes sont franchement sales, et nous sommes heureuses de ne pas nous retrouver dans celle infestée de vers blancs...


Jour 4 / Pic de Dzongri / 3 heures de marche / 300 m de dénivelé.

Journée d’acclimatation et de point de vue. Nous nous levons à 4h pour aller admirer le lever du soleil sur un pic 200 mètres plus haut. Nous nous y retrouvons avec toute l’équipe, on nous amène du thé et des pop corn ! La vue sur la chaîne de montagne est magnifique et nous sommes très heureuses ! L’après midi est un peu moins réussi pour moi, je sens qu’il ne faut pas que je monte plus haut et redescends en compagnie de notre guide, Sauwan. Il commence déjà a nous énerver. Il ne nous adresse pas la parole, ne nous apprends pas grand chose, ne semble pas aimer être là... il nous semble dépressif.


Jour 5 / Dzongri - Thansing (3950m) / 4h de marche / 600m de dénivelé

A partir de là, les choses se gâtent. Il pleut toujours. La descente et la remontée sont raides, mais nous souhaitons, une fois arrivée à Thansing, continuer jusqu’à Lammune, pour pouvoir tenter l'ascension et LE point de vie demain matin en compagnie de Jayne et de deux Tchèques. Mais Sauwan refuse, prétextant qu’il n’y a pas assez de place pour l’équipe dans la petite hutte. Je veux bien le croire mais il me semble qu’il était possible d’organiser un aller-retour de matériel, Lammune n’étant qu’à une heure et demi de marche. Mais il refuse. Nous passons donc toute l’après-midi à nous geler dans une hutte sale...


Jour 6 / Thansing - Latchopéri Lake (4200m) - Thansing - Lammune (4170m) / 7h de marche

Je ne sais pour quelle raison, nous ne partons qu’à 8h45 en direction du lac. Il y a 5 heures de marche aller-retour et notre sac est lourd. Le guide ne porte rien, mais ne nous propose pas son aide. Bientôt il pleut, le chemin est très boueux et l’avancée est difficile. Pas pour Sauwan qui marche 500 m devant nous. Quel guide !! L’assistant nous aide comme il peut et nous explique deux trois trucs, mais il parle très peu anglais. 3 heures plus tard nous arrivons au lac, ou plutôt devant un rideau blanc. On ne voit rien. Le guide ne débloque pas la mâchoire. J’ai froid, nous rebroussons chemin. Pourquoi ne sommes nous pas parties un peu plus tôt. Ce guide ne connaît définitivement rien à la montagne, encore moins à la météo, ne sais pas anticiper, ni adapter l’itinéraire et il est en train de nous gâcher notre belle expérience... nous insistons pour continuer le jour même pour Lammune ; la vue la vue, vite avant que le déluge ne s’installe ! Ma proposition (quelque peu autoritaire, je l’avoue), n’a pas l’air d’avoir plu au guide car il installe la tente avec une grande violence et nous fait carrément la gueule. Bravo le professionnalisme ! Nous commençons sérieusement à ruminer et dormons très peu.


Jour 7 / Lammune - Lammune / 1h de marche

Nous nous levons quand même à 3h pour partir à l’assaut du Gochela, a 4800 mètre, d’où on a une vue magnifique sur le Kangchenjunga. Mais à 3 heures il fait nuit et notre guide marche trop vite. Je le repère uniquement grâce à ses bandes réfléchissantes de son pantalon. Je ne sais pus quel chemin prendre. La montée est difficile. Je me retourne et aperçoit des éclairs au fond de la vallée. Je les avait remarqué depuis notre lever. Les nuages montent vite et les éclairs semblent ramper sur les flancs des montagnes. Je me tourne vers Sauwan et lui demande s’il est prudent de monter à 5000 mètres d’altitude avec cet orage ? Il me répond “ché pas kestuenpense ? “ ok. J’ai pas confiance en lui. Comment ça il me retourne la question, c’est quoi ce guide ?! Je prends peur, il est incapable de me rassurer, je décide de redescendre. Nous enrageons. Nous allons encore passer 3 jours dans les hautes montagnes avec cet incapable... De retour dans la tente, toutes les heures nous mettons le nez dehors pour finalement nous décider à retenter le coup vers 6h. Nous réveillons notre guide et nous remettons en marche. Arrivée au Lac Samiti (au pied du Gochela), les nuages ont repris le dessus et j’enrage. J’ai tellement envie de les voir de près ces montagnes ! Un yak sauvage approche. Notre trouillard de guide le prend comme excuse pour nous faire redescendre. Et oui, trouillard et flemmard en plus. Il passera le reste de la journée au lit, indifférent à notre déception et notre besoin de bouger... une heure de marche pour se dégourdir les jambes et ne pas geler sur place et redodo pour retenter l'ascension demain.


Jour 8 / Lammune - Gochela (4800m) - Tsoka (3050m) / 11 heures de marche / 1750 m de dénivelé

Cette fois ci nous partons à 4h. Il fait un peu clair et l'ascension est plus facile. Au Samiti Lake, les sommets blancs commencent à se parer de doré. La vue promet d’être sublime. Nous contournons la famille de Yaks et entamons l'ascension à proprement parler. Nous sommes à plus de 4500 mètres et l'oxygène se fait rare. Je respire vite, mais ça va. Maria a vraiment du mal. Elle perd son souffle au bout de trois pas, et ses muscles ne répondent plus. Comme pendant une grosse grippe dira-t-elle une fois en bas. Le guide trace. Je me retourne et vois les nuages qui menacent. Je laisse maman entre les mains du gentil assistant guide et pour une fois, presse le pas de Sauwan. Je suis en haut à 6h. A 5h55 les nuages ont recouvert les sommets... Rien. De la soupe. Je pourrais être au milieu d’une carrière au massif centrale, je ne verrais pas la différence. Je suis triste, très triste. J’aurais tellement aimé voir. Et rapporter ces belles montagnes à Rémi. Je pleure de désespoir. Et de rage. Pendant la descente, je ne peux plus me contenir et dis ses quatre vérités à notre cher guide (qui n’a pas dit un mot depuis le départ). Il acquiesce passivement. Nous décidons d’aller le plus bas possible aujourd’hui. Je presse l’équipe et nous atteignons notre supposé point de campement à 11h. No way, let’s go. A 13h nous sommes repartis et atteignons finalement Tsoka à 18h, après 11 heures de marche épique.


Jour 9 / Tsoka - Yuksom / 6h de marche

Retour à la case départ. La marche est longue. Mais comment avons nous pu monter tout ça aussi gaiement et en vouloir plus ?! Nous arrivons épuisées à Yuksom, mais bien décidée à rencontrer notre soit disant professionnel agent de voyage pour lui demander des comptes. Nous le retrouvons chez lui et au fur et à mesure de la discussion il se transforme en une espèce de monstre avide et stupide et il fini par nous insulter en disant que nous avons torturé l’équipe à les faire marcher autant... pourtant je vous assure que nous avons toujours demandé s’il était possible pour les hommes et les chevaux d’avancer. Et le gars nous avait même dit au début que le reste de l’équipe s’était également plainte du guide... mais dès que nous avons demandé compensation financière, il s’est transformé. Pauv’ type. Nous essayons d’oublier tout ça autour d’une bière et espérons que les beaux souvenirs recouvrirons la frustration et la déception.

Le lendemain, les montagnes nous font un dernier salut et nous reprenons notre route vers Darjeeling. La route sillonne entre les plantations de thé. 5h en première vitesse pour arriver aux 2100m de Darjeeling. L’arrivée dans la ville est difficile. Nous sommes exténuées et la ville semble encore plus remplie qu’avant. Heureusement nous trouvons un petit havre de paix à l'hôtel Aliment, d’où je vous écris. Nous essayons de nous ressourcer un peu avant d’entamer la vraie dernière étape de notre voyage : le Cashmir et le Ladak !!

Demain c’est partir pour 36 heures de train pour traverser le pays. Nous nous arrêterons à Haridwar, autre ville sacrée au bord du Gange. Peut être l’expérience sera-t-elle plus authentique qu’à Varanasi.

En conclusion sur le Sikkim : des paysages merveilleux, des gens très accueillants. Une mauvaise expérience de rando, pas aidé par le temps. Voilà notre plus grande frustration, il en fallait bien une. Mais ce n’est que partir remise. La suite des aventures de Maria et Anna dans l’Himalaya très bientôt !

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E
Endlich habe ich es geschafft, einen Kommentar zu schreiben. Hier ist er . schön dass ihr wieder da seid. Elisabeth
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