Haridwar
J’ai déjà évoqué la sainteté de Haridwar. Mais en pratique, qu’est-ce que ça veut dire ? Et bien ce que nous en retenons, c’est surtout la présence des pèlerins. Ils viennent en masse. Les hindous sont contraints de faire un pèlerinage sur les rives du Gange au moins une fois dans l’année. Ce voyage est donc, pour beaucoup, leur seul voyage de l’année. Et Haridwar est prêt à les accueillir. La ville regorge d’hôtels, d’échoppes de souvenirs, de marchés, de bazars et d’objets saints. Des babioles qu’on trouve à la foire fouille, mais aussi des colliers en noix qui viennent d’un arbre qui a poussé arrosé par les larmes de Shiva, des petits récipients clinquants pour faire des prières, des petites boules de pâtes en guise d’offrande. Et des jerricanes en plastique pour rapporter de l’eau sainte à ceux qui n’ont pas pu venir. ?La ville est construite pour les pèlerins. Des canaux ont été aménagés pour agrandir la surface de rives offertes aux hindous pour la purification. Ainsi il y a plein de ghats et d’endroits où se purifier. Des terrains ont été laissés vagues aux abord de la ville pour être utilisés comme campements en haute saison. ?D’ailleurs la ville se prépare à accueillir le plus grand rassemblement humain au monde, dont j’ai oublié le nom mais qui a lieu tout les 10 ans. Le dernier a eu lieu à Ahmedabad et le prochain sera en 2010 à Haridwar. On attends 15 millions de personnes...?Au coucher du soleil, tout le monde se rassemble au ghat principal pour la cérémonie quotidienne. La chanson sainte est amplifiée via gros hauts parleurs et des milliers de fidèles chantent en coeur. Quand je dis des milliers... nous avons estimé à 20 000 personnes... mais ce n’est qu’une estimation. Le ghat est donc noir (ou plutot rouge, jaune, vert, bleu, or, rose, turquoise.... coloré quoi !) de monde et la chanson résonne dans toute la ville. Nous n’avons pas été au bord de l’eau, de peur de se faire piétiner et de perdre nos chaussures qu’il fallait laisser sur un énorme tas à l’entrée. (et aussi peur d’attraper des champignons, pied nus dans cette bouillasse...). Des chants donc, mais surtout des petites bougies qui sont données au Gange et le feu purificateur qui est porté par les prêtres à la fin. Tout ceci est très impressionnant. Que de monde ! Nous partons vite pour essayer d’éviter la foule. Heureusement notre chauffeur de rickshaw est habile et nous prenons un raccourcis et nous arrivons saines et sauves (ce qui est pas gagné de nuit dans un rickshaw) à notre ashram. Et oui, nous logeons dans un ashram. Mais pas un comme je me l’étais imaginé, non, un ashram de luxe ! tout en marbre s’il vous plaît ! Et pas de purification obligatoire du colon à 4 heures du mat’. Non, c’est plutôt un bel hôtel un peu à l’écart de la ville où il fait bon de faire de la méditation. Les repas sont compris dans le prix de la chambre, mais la pure bouffe indienne ne convient pas trop à nos estomacs en ce moment. Maria a complètement perdu l'appétit. Elle dit ne pas avoir faim, mais quand nous évoquons notre paradis culinaire à Ko Chang, elle a l’eau à la bouche et l’estomac qui gronde. La nourriture locale ne nous dit rien... trop de trucs frits, trop de sauces. Et trop d’interdit. Interdit les glaces. Interdit les jus de fruits. Et pourtant avec la chaleur, qu’est-ce que nous en avons envie. Mais à chaque fois qu’un ptit gars me propose une glace de son chariot out crade et qui traîne au soleil depuis des heures, je me dis : “tu veux ma mort ?!”. Et ça c’est bien dommage de ne pas pouvoir profiter de la nourriture. C’est toute une dimension du voyage qui nous manque. Mais là, c’est juste pas possible. On mange donc dans les “italian restaurant”, ou les restos indiens, mais climatisés, et le choix est toujours difficile. En plus, dans cette ville sainte, ni viande, ni oeufs, ni bière. Bon, pas de viande, on s’en passe. Pas d’oeufs, ça rend plus triste le petit déjeuner. Mais pas de bière, c’est à la limite du supportable !! ?Mais s’il n’y avait que le manque de bière. Nous sommes surtout exténuées par le trek, les changements d’altitude et de température et nous avons extrêmement besoin de calme et de repos. Haridwar est surpeuplé, ce n’est pas là que nous trouverons ce que nous cherchons... nous continuons sur Rishikesh.
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