De Naggar à Leh

Publié le par Anna


Quelques mots sur cette route.
Elle n’est ouverte que 2 ou 3 mois de l’année, en été. 350 km de route de montagne. Le deuxième plus haut col carrossable au monde, à 5300 mètres d’altitude. Un autre col à 5100 mètres. Deux jours de 10 heures de route, avec nuit à 4300 sous la tente. Ca nous fait froid dans le dos et nous espérons que le conducteur va assurer. Magali est comme nous, trop souffert des trajets en bus où on frôle la mort à chaque virage. On a vraiment envie de profiter du paysage. Et on va pouvoir ; à 5 dans une voiture, nous allons pouvoir nous arrêter quand on veut pour la photo, et avoir de l’influence sur le chauffeur s’il conduit trop vite à notre goût.
Mais nos appréhensions tombent vite. Le chauffeur assure, on va en prendre plein les yeux !
Et la route tient sa promesse. Même pas arrivés à Manali, les vallées sont sublimes. Le premier col nous fait bien rire ; à 4000m. La route est jonchée de petite boutiques de locations de manteaux de fausse fourrure et de combis de ski directes sorties des années 80. Et oui, les touristes indiens poussent leurs route de vacances jusque là, mais ne sont bien sur pas équipés pour le froid... ils ont une touche ! Arrivé en haut, une petite étendue de neige dure et dégueulasse où les indiens font du chasse neige dans leur combi fluo. On peut aussi faire un tour de yak ou de luge. Super !
Après le premier col, les voitures se font plus rares et la magie de l’Himalaya commence. Des paysages très diversifiés, j’ai du mal à me les remémorer tous. Grandes vallées d’eau claire et lacs turquoises. Jusqu’à arriver à une espèce de plaine à 4200 mètres d’altitude, avec de l’herbe d’un vert doux. Nous passeront la nuit là, dans une tente dortoir. Tsvi nous fait des imitations, un petit rap, on chante ensemble, mais vite l’altitude a raison de nous et nous dormons, plus ou moins profondément, altitude oblige.
A 6 heures pétantes nous nous remettons en route. Cette vallée est impressionnante. La rivière a creusé profondément son lit dans la roche friable ; les rives sont jonchés de sculptures de sables, la lumière rasante du matin rend tout ça presque irréel. Quelques kilomètres plus loin, nous sortons de l’état de l’Himachal Pradesh et entrons au Jammu & Kashmir, auquel appartient le Ladakh. 
A peine le temps d’emmagasiner les paysages qui défilent et nous voilà pris dans la neige !! la route jusqu’au premier col de la journée est dure, les camions défilent et la neige nous ralentit. Une fois arrivé en haut, tout est bloqué; bizarre de voir un bouchon de camions à 5000 mètres d’altitude... nos pieds commencent à geler alors que notre chauffeur (qui est très bien mis à part ses crachats dignent d’un chinois en pleine bronchite...) négocie pour nous faire passer. 30 minutes après, nous franchissons le col, dépassons tous les camions et nous retrouvons dans un paysage tout blanc. Le soleil refait son apparition, nous sommes éblouis par tant de blancheur et de beauté. Nous sommes en plein milieu d’un sommet de plus de 5000 mètres !! (je vous rappelle que le Mont Blanc, plus haut sommet d’Europe est à 4800 et des poussières !) Un double col : on redescend un tout petit peu pour remonter. L’altitude fait travailler nos corps en accélére et nous pissons tous en rond d'oignon   : mon pipi le plus haut de ma vie (CF photo censurée)! Descente dans une vallée irréelle, plantée de ces formations rocheuses qui se dressent sur les flancs de sables. Certains montagnes sont droites, sur d’autres on voit la violence du magma qui est sorti brûlant de terre. Un petit thé au milieu de nulle part, le camp militaire le plus haut du monde, et une vallée immense. Nous roulons sur une piste sablonneuse. Derrière nous des sommets enneigés qui doivent être à 6000 _ 7000 mètres. Cette vallée nous rappelle bizarrement les paysages de Mongolie. Nous passons un chantier de route. Les pauvres ouvriers grelottent de froid en attendant qu’on vienne les chercher. Je pense aux tibétains qui ont construit le chemin de fer reliant Pékin à Lhassa... En face de nous, de nouveau le mauvais temps. il neigeotte encore. Puis, on a rien venu venir, nous voilà au Tanglagla, deuxième col carrossable le plus haut du monde, à 5300 mètres d’altitude. Nous arrivons à respirer, c’est assez surprenant. La vue est magnifique.
La descente est raide. Une suite de virages en épingle et nous arrivons doucement à la vallée de l’Indus, une des plus fertiles de l’Inde, aujourd’hui malheureusement disputée entre Pakistanais et Indiens... La encore nous avons les yeux grands ouverts. La roche alterne entre le mauve et le vert. Elle est moins friable et de gros blocs entourent la route. L’eau des courts d’eau est turquoise. Toutes ces couleurs je ne me les étaient pas imaginés, j’avais peur que le Ladakh soit gris. Mais non, que de couleurs ! Et bientôt il y a des villages ; mais qu’est-ce que les hommes sont venus faire ici ?? Et hommes veut dire cultures et religions. Du vert et du blanc. Le vert des champs irrigués, le blanc des stupas bouddhiques. Les maisons sont en briques de terre. La vallée s'agrandit et à 15 heures, nous arrivons à Leh. Magique !
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Publié dans marianna

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O
Bonjour Maria et Anna,<br />    De tout coeur avec vous, dans cette partie de l Himalaya où j'ai trekké pendant un mois, il y a deux ans. Vous me remettez en mémoire ces paysages grandioses, ces montagnes aux sommets enneigés, cet univers minéral où les jeux d'ombres et de lumiéres, les tâches vertes de l'agriculture au loin, les shortens  viennent adoucir  la rudesse des paysages.<br />  L'été a juste frappé à la porte : il pleut à Paris et les températures se sont rafraîchies. On ne transpire pas ici sur les siéges défoncés en skye.! .Parapluies et anorak sont au gôut du jour. Bonne poursuite dans votre voyage. Odile
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