Inde, Partie II
PART II
Le trottoir. Il n’y a pas de trottoir à proprement parler, bien entendu ?
Vous avez pu remarquer sur les photos : les vaches. Et oui, elles sont partout dans les villes; comme des chats ou des chiens errants; elles traînent, elles gênent la circulation. Et les bouses.... impossible de ne pas marcher dedans au moins un fois... il y en a tellement. Je crois que les vaches n’appartiennent à personne. Elles se nourrissent comme elles peuvent, les poubelles, les restes des marchés; elles ont les os bien saillants et ne donnent pas de lait (enfin on espère que ce n’est pas ce lait la qu’on boit...). Mais : elles sont sacrées, eh oui! Les indiens les acceptent, elles font partie du paysage urbain et ils en sont contents, vu qu’elles sont sacrées. N’empêche que le résultat est que les villes sentent l’étable, inexorablement. Que rien n’est jamais propre, que la merde est partout. Sacrées ou pas, je les dégagerais vite fais moi !
Au milieu des vaches, il y a bien sur les Indiens; et ils sont nombreux. Plus d’un milliard. Ils doivent dépasser la Chine d’ici 2020. Mais la configuration est différente. Seul 25% des Indiens vivent en ville (ce qui est en train de changer bien sur). Celles-ci n’atteignent donc pas les proportions chinoises; Mumbai (Bombay), la plus grande ville a 16 millions d’habitants. Delhi 12 millions. Mais bon, 12 millions + vaches, c’est bien suffisant pour rendre la ville grouillante de monde. Delhi nous a donc accueilli dans une rue comme ça, grouillante. La rue du Main Bazar (rien que le nom...). Petite rue, pleine d’animation. Des boutiques, des restos, des fours à pain, des marchants de lait (comme dans le temps avec les pots en métal et tout), les marchés, les tailleurs, les marchants ambulants de légumes, montres, cassettes, ceintures, les cordonniers, et au milieu, notre hôtel, le Métropolis.
C’est donc le 27 avril 2007 que nous arrivons au Métropolis, Main Bazar, Delhi, Inde. Notre première heure indienne nous en donne plein la vue et nous sommes contente de poser nos affaires dans une grande chambre climatisée. On souffle un coup et on repars dans la foule. Cette rue est vraiment hallucinante !! Qu’est-ce que c’est différent ! On en revient pas. ?Nous passons trois jours à Delhi. La première journée est consacrée à la recherche d’une banque, de billets de trains, des formalités, essayer de s’organiser... c’est pas facile, tout est loin, il fait chaud, il ne faut faire confiance à personne, on nous a bien prévenu que tous les Indiens sont des méchants qui ne veulent que profiter de nous... La ville nous fait une drôle d’impression. Tout est vieux. Même le soit disant quartier “chic”. Il y a un magasin climatisé et la boutique d’après est en ruine ou squattées par les plus pauvres que pauvres. Bien heureusement il n’y a pas trop de mendiants, la pauvreté n’est pas aussi affichée que ce qu’on pense en entendant Inde, mais c’est Delhi, pas Calcutta ou Bombay. Nous refusons souvent les rickshaws, pas envie de se faire arnaquer, résultat, on marche beaucoup, et le pas est lourd, car il fait quand même 45° ! Une fois les must do, done, nous visitons quelques musées et restos. Ce n’est que le dernier jour que nous découvrons le métro. Il est tout neuf. Et pas encore adopté par les indiens. Donc presque vide et , c’est climatisé ! Finalement, notre quartier nous plaît bien. Un beau marché de nuit ou les vendeurs psalmodient des incantations incompréhensibles au milieu de couleurs magnifiques. Les couleurs sont au rendez-vous d’ailleurs. Celles que je m’imaginais. Elles sont la.
Tout d’abord les vêtements de femmes, Saris ou salwar kameez. Les saris sont ces longues (5 à 9m) bandes de tissus enroulées autour du corps qui se terminent par un jeté sur l’épaule. Il est porté au dessus d’un jupon et d’un petit bustier à la couleur assortie. Le Salwar Kameez est un ensemble pantalon, tunique, foulard. Le pantalon est soit resserré à la cheville, soit bouffant, soit genre caleçon et avec une coupe très particulière en haut... (cf photo de Maria ); la tunique est plus ou mois longue. Des assortiments de tissus sont spécialement fabriqués pour cet ensemble, dans des couleurs flamboyantes et des motifs assortis. Donc les femmes sont merveilleusement colorées. Rose, vert, rouge, jaune, orange, noir, blanc, turquoise... toutes les couleurs sont la, mélangées et si bien portées. Ajouter à cela de beaux bijoux, des teints de peaux sombres et des yeux persans... les gens sont beaux à regarder ! ?
Et maria se met à la mode du pays en se faisant faire un ensemble en coton rouge imprimé (la soie ça sera pour une autre fois), le tout pour 7€, pourquoi s’en priver ! Et à part se cheveux blancs (encore ici ils se teignent tous les cheveux, au héné, ce qui donne une teinte oranger qui nous fait remonter des souvenirs, et le déjeuner... ), elle se fond complètement dans le paysage !
Le 30 avril nous partons pour Agra. Maria et Anna vont voir le Taj Mahal !! ?Croyez le ou non, mais il fait encore plus chaud à Agra qu’à Delhi ! Nous nous réfugions dans note petit hôtel, le Tourist Resthouse. Le lendemain c’est partit pour le Taj, et à 6h30 nous sommes assises devant ce chef d’oeuvre architectural, et nous contemplons... Quelques infos sur le Taj Mahal. Il fût construit partir de 1631 par Cha Jahan, pour honorer sa défunte épouse n°2, Mme Mumtaz Mahal, morte en donnant naissance à son 14ème enfant... L’empereur Jahan a fait appel à un architecte perse pour dessiner ce mausolée et à des spécialistes occidentaux pour les décorations. Ce bâtiment de marbre blanc semi-transparent a la particularité d’être parfaitement symétrique par rapport à l’emplacement du corps de Mme Mahal, déposé à l’intérieur. La pièce intérieure est assez petite, mais merveilleusement décorée d’incrustation de pierres semi-précieuses dans le beau marbre blanc. On retrouve ces décorations à l’extérieur. Le Taj est d’une extrême élégance, et ce ne sont pas que des mots, nous l’avons vraiment ressenti en l’admirant sous les premières lueurs du soleil. ?Ensuite nous avons visité le Fort d’Agra. Grande enceinte qui a connu moulte propriétaires et fonctions. Il renferme de beaux palais et jardins. Puis nous avons essayé de nous frayer un chemin a travers la ville jusqu’à la Mosquée... et comme une balade près du fort de Delhi, se mélanger à la vie citadine indienne est une expérience intéressante, éprouvante, choquante parfois et très très bruyante. Les petites rues sont bondées, les klaxons fusent. Et on nous regarde. Pas des petits regards timides de chinois, non, des vrais regards francs et surs. On nous dévisage. Comme au Taj où un groupe de femmes est venu s'asseoir juste à côté de nous et nous a regardé pendant 10 minutes, puis est parti. Mais bon... ça nous donne l’occasion de les regarder aussi, avec la même curiosité et franchise. Nous avons fini par trouve la Mosquée au milieu des vaches, chèvres, mouches, yaourts, tissus, écoliers, pousses pousses... Le sol est tellement brûlant qu’il faut marcher sur une petite bande de tissu étalée sur toute la longueur de la place centrale. Le soit disant gérant nous demande du fric pour sa visite guidée... il nous montre un papier comme quoi des visiteurs précédent auraient laissé 5000 roupies... ouais. Je pense qu’il a rajouté des zéros et nous sommes bien plus radines. N’empêche que le mec connaît la France, Adble Kader et Zinédine Zidane... ah, notre coup de boule national !
Autre temps fort de notre séjour à Agra : nous avons vu deux mariages dans la rue. Un premier de jour. Nous avons été attiré par de la musique. Et là, sur un cheval, au milieu de la foule, un mec enturbanné, richement décoré se fait chier sous une petite ombrelle. A ses pieds, sur le rythme de la fanfare, des plus ou moins jeunes gens se défoulent, dansent tout en jetant des biftons au sol, que les pauvres de l’audiences s’empressent de ramasser. Le spectacle est saisissant. La musique est forte, l’exposition de richesse aussi. Les gens regardent, comme nous, fascinés par les billets et la musique. Le deuxième mariage est de nuit. On suppose que ce sont des mariages, car on a pas vu la mariée.. mais les femmes ne font jamais vraiment parti de la fête, c’est bien connu. Donc le deuxième type. Toujours assis sur un petit cheval tout décoré. Le gars et devant un mur de lumière. Et des hommes portent des lanternes électriques, ils traversent tout la ville. Dernière le cortèen, un tracteur qui porte le générateur... Toujours des danseurs.. je me fais attraper par les musiciens en voulant prendre une photo de trop près et ils me tirent au milieu du cercle. Et quoi encore, genre je vais me mettre à me dandiner ?! Je m’enfuis vite fait et remarque au passage que le marié est vêtu d’une veste faite de billets de banques !! On arrête pas la frime !! Ainsi se termine notre visite d’Agra. Un train nous ramène à Delhi d’où nous repartons directement en train de nuit pour Varanasi, ville la plus sacrée pour les Hindous... à suivre.