De Dharamsala à Manikaran

Publié le par Anna

De Dharamsala, nous avons le choix entre un bus pour touristes, mais de nuit et le bus local, de jour. Comme nous nous sommes fait un devoir de ne jamais voyager sur les routes la nuit (nous tenons trop à notre vie), nous préférons le bus locale. 10 heures de trajet nous dit-on. Bon. Entre Dharamsala et Manikaran, où nous nous dirigeons, il y a environ 220 km. 220 km, 10h. Bon. Le bus est supra inconfortable. Nos fémurs ne logent pas, nous sommes obligées de nous asseoir de biais, ou bien d’avoir les genoux qui cognent contre le siège d’en face... bon. Nous mettons 6 heures à parcourir les 50 premiers km. Le bus s’arrêtant tous les 500 mètres pour charger le plus de gens possible. La plupart du temps le bus est rempli à ras bord, des gens debout dans l’allée, et nous à 4 ou 5 sur une rangée de 3 sièges. Le tout par une chaleur pas possible. Je vous laisse imaginer. A 15h, alors que nous avons parcouru 150 km en 9h, le conducteur se met à changer d’allure. C’est qu’ils ont tout de même un horaire à respecter, et il a perdu tellement de temps à se faire le plus de beurre possible en chargeant, que maintenant, il faut foncer. Sauf que nous nous trouvons déjà sur une route de montagne et que les virages à fond dans un bus, c’est pas trop notre truc. Nous revoilà agrippées au siège, à se taper des sueurs froides à tous les virages. Lorsque le chauffeur double à l’aveugle dans une épingle à cheveux, puis à l’aveugle dans un gros tunnel, c’en est trop et nous lui disons de ralentir. Bien sur lui et son assistant se foutent de notre gueule et on me dit que c’est “mon opinion personnel” si je trouve que ça va trop vite. Donc on a plus qu’à la fermer et à serrer les dents, à prier Shiva, Bouddha, Mohamed et les autres... Nous arrivons trempées de sueur (vive les sièges en Skaï) mais vivantes à une intersection où il nous reste 35km pour arriver à destination. 35 km, ben ça va être vite fais. Ben voyons, c’est qu’il nous faut 2 heures et demi pour les faire les 35 bornes !! ah la la, que nous regrettons les belles routes de notre vieille Europe. Virage après virages nous nous enfonçons dans la vallée de Parvati, connue pour ses sources chaudes et son cannabis. Et oui. D’ailleurs, nous nous arrêtons à un petit village plein de connexions internet et de “german bakeries”, où une horde de blancs grimpe sur le toit du bus (ah oui, parce que celui la aussi il est plein à craquer...). Mais qu’est-ce que c’est que ça !! Et à leur allure, leur longue chevelure, nous les identifions comme des “touristes fumettes”, si nombreux dans ce coin de l’Inde. Le cannabis est ici un des meilleurs et moins cher du monde. Forcément. Mais où vont-ils nous demandons nous lorsque nous arrivons à destination et qu’ils continuent perchés sur le toit ? Et bien dans un coin hyper reculé, où il n’y a rien, surtout pas de police et où ils peuvent fumer tranquilles. Ouais, vraiment pas notre conception du tourisme...
Donc nous sommes à Manikaran. Nous ne le savions pas, mais c’est encore une ville sacrée, pour les Hindous et les Sikhs cette fois ci. Ils viennent y vénérer Shiva et se refaire une santé dans les sources chaudes. C’était un village. C’est devenu un amas de guesthouse et de boutiques de souvenirs. Le seule truc chouette c’est le temple Sikhs. Il est un dédale de salles : bains, cuisines, chambres, couloirs. Au centre du temple, des bassins d’eau chaude où les fidèles font cuire du riz ; cette source est dite la plus chaude du monde. Nous prenons quelques bains mais deux jours après, le mauvais temps nous fait fuir. Nous quittons la vallée de Parvati pour nous rapprocher de Manali. Encore 5 heures de bus pour faire 55 km... et un craquage de ma part dans le dernier bus pour cause d'empiétement d’espace vital. Une heure et demi debout coincée dans le bus qui frôle des précipices, j’ai pas supporté. Mais encore une fois, nous arrivons à bon port.
Publicité

Publié dans marianna

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article